Alfred Hitchcock est arrivé à Marrakech pour découvrir la cité mais aussi pour changer les lieux de tournages habituels pour ses films en offrant aux mordus du genre policier qui reste éternellement lié au nom du cinématographe inconditionnel, des scènes bien authentiques, et certainement très fortes.
L'histoire du film, tourne autour du Dr. Benjamin McKenna (James Stewart) et sa femme Jo (Doris Day) qui se retrouvent mêlés à une histoire d'espionnage à cause d'une rencontre qui leur révèle qu'un attentat se prépare à Londres.
Le scénario du film est de John Michael Hayes et Angus McPhail, la photo de Robert Burks, les décors de Hal Pereira, Henry Burnstead, Sam Comer et Arthur Crams, et la musique de Bernard Herrmann, Ray Evans, Jay Livingston, Arthur Benjamin et D.B Wyndham-Lewis.
Ce film d'Alfred Hitchcock qui est sorti en 1956 est tout simplement un chef d'œuvre, tant par les bonnes inspirations d'Hitchcock au plan mise en scène, tant au plan du jeu d'acteurs. Cette critique ne tiendra pas de comparaison avec la première version du film, signée en 1934 du même Hitchcock. Toujours est-il que dans son époque "film américain" à gros moyens techniques, Alfred Hitchcock a pu (dans ces années 50) faire l'étalage de tout son savoir-faire.
Les scènes fortes du film sont essentiellement celles tournées dans les souks de Marrakech où l'agent du FBI (Daniel Gélin) qui est au Maroc pour suivre la piste de terroristes prévoyant l'assassinat du premier ministre britannique, se fait sauvagement assassiné. D'autres endroits sont aussi intéressants, particulièrement la place du Jemaâ el Fna, le portail de la Médina et l'hôtel légendaire La Mamounia. Sans oublier la fameuse scène du restaurant « Dar Essalam » au quartier Riad Zitoun à quelques mètres de la place, avec le zoom spécial sur le plat présenté (Le poulet).
Comme dans chacun de ses films, Alfred Hitchcock aime à jouer le figurant. Là aussi, l'on peut bien le distinguer de dos regardant les acrobates sur la place Jemaâ el Fna à Marrakech.
Il faut avouer que les habitants de Marrakech, en tout cas ceux de l'ancienne médina, ignoraient à cette époque, de quoi il s'agissait. Ils voyaient défiler, devant eux, des gens avec des caméras et des machines qu'ils découvraient pour la première fois.
Les protagonistes de la place Jemaâ El Fna observaient cet homme à l'allure simple mais au regard si fort et si délicat, cet homme qui venait les rencontrer et leur envoyait des sourires si chaleureux ; sans savoir qu'il s'agissait de l'homme dont le talent a marqué le cinéma mondial.
Signalons que le film « L'Homme qui en savait trop » a remporté l'Oscar de la Meilleure Chanson pour Que sera, que sera chantée par Doris Day, qui interprète le titre dans le film. C'est aussi le troisième film de James Stewart sous la direction d'Alfred Hitchcock après La Corde (1948), Fenêtre sur cour (1954) et avant Sueurs froides (1958).
Quant au grand Alfred Hitchcock, il est né le 13 août 1899 à Londres et mort le 29 avril 1980 à Los Angeles. Il suit des études d'ingénieur, après lesquelles il intègre la compagnie des télégraphes Hanley. En parallèle, il prend des cours aux Beaux Arts à l'Université de Londres. Mais très attiré par le cinéma, il rejoint en 1920 une filiale du studio Paramount à Londres. Et c'est le grand succès devant lequel Hollywood l'appelle pour qu'il devienne le grand Hitch de l'histoire du cinéma mondial.
« L'homme qui en savait trop » restera, certainement, dans la mémoire cinématographique mondiale mais aussi et surtout dans la mémoire citoyenne marrakechie qui a gravé le passage de Hitchcock dans l'histoire.