Comment a débuté l'aventure pour le groupe FNAÏRE, et d'abord, que signifie FNAÏRE?
Mouhssin Tizaf: FNAÏRE est, en arabe, le pluriel de « Fnar », qui désigne cet élément traditionnel de décoration et essentiellement d'éclairage.
Le groupe FNAÏRE a vu le jour en 2001, pour offrir aux gens une musique qui marie traditionnel et Rap.
Tout a commencé quand j'ai participé avec ma troupe de danse (puisque j'enseignais la danse à l'IFM) à la Plateforme des émergences organisée par l'Institut. J'ai rencontré deux jeunes qui avaient un groupe de rap appelé DNR et qui participaient au spectacle, et le DJ marrakchi qui était le seul à Marrakech à aider les rappeurs et qui était parmi le public.
J'ai eu le premier prix de danse, et les deux autres ont eu le meilleur prix rap. On s'est rencontré et on a trouvé que notre passion pour la musique était semblable, on a renouvelé les rencontres jusqu'à la création en 2001 du groupe qui ne portait pas de nom à l'époque. C'est un an après qu'il fut baptisé FNAÏRE.
Au début, les gens nous appelaient "Traditionnel/ Rap" parce que ce fut le style qu'on a choisi et auquel on est resté fidèles.
Votre premier album ?
Mouhssin Tizaf : On a fait notre premier album à nos dépens et avec le soutien de nos parents. Il s'intitulait "Ftouh". Cependant, le projet avait besoin de maisons d'édition et de distribution, chose qui était difficile puisquele style faisait un peu peur.
Nous étions, donc, obligés de créernotre propre maison d'édition qui était en mon nom. Notre objectif était double : faire sortir nos chansons, mais aussi encourager les jeunes talents du Rap.
En 2004, on a participé au Boulevard des jeunes musiciens à Casablanca avec notre propre style et nous avons eu le premier prix. Deux mois plus tard, l'album "Ftouh" a vu le jour trois années après sa création.
Et ce fut, ainsi, le début de FNAÏRE et l'ouverture sur les grands festivals du Maroc comme Essaouira, Timitar, Casablanca…
Viendra après la télé avec la participation aux émissions "Ajyal" et "Marrakech Express", et le nom de FNAÏRE a commencé à se connaître deplus en plus.
Nous sommes, à présent, à notre deuxième album "Yed El Henna", avec les paroles de Mr Abdeslam Damoussi sur le développement et la conscience.
Comment avez-vous échappé à l'idée que le Rap était une musique de rue ?
Mouhssin Tizaf : Pour nous, la musique est égale à l'éducation, avec notre propre identité et loin de toute imitation.
Par exemple, nous avons été contactés par l'humoriste marocaine Hanane Fadili et son frère pour sa série du Ramadan, parce que, selon eux, notre musique est sage.
Donc, même si notre look est un peu "américain", notre identité reste toujours très marocaine.
Que représente pour vous la ville de Marrakech ?
Mouhssin Tizaf : La vie, tout simplement. On vient d'arriver de Londres, on y a passé à peine quatre jours qu'on a eu la nostalgie de Marrakech et on a eu envie de revenir.
C'est Marrakech qui nous a donné notre style musical, si on était d'une autre ville, on aurait un autre style. Marrakech nous a surtout donné le courage de mélanger le rap et la musique traditionnelle.
Le groupe FNAÏRE compte quatre personnes, gardera-t-il le même nombre ?
Mouhssin Tizaf : C'est ce qu'on espère. On nous a beaucoup fait la remarque pourquoi ne pas ajouter une voix féminine, mais disons que pour préserver le groupe nous travaillons avec d'autres tout en restant les quatre.
Dans l'album "Yed El Henna", nous avons travaillé avec un featuring espagnol, un français et un anglais mais aussi avec des artistes marocains.